Carré rouge, ruban rose : origines de symboles colorés
L’utilisation de symboles de couleur pour manifester notre support à une cause a prit une ampleur inégalée au Québec depuis l’annonce de la hausse des frais de scolarité en février 2012. Le ruban rose a été remit à l’avant scène avec la sortie du film L’industrie du Ruban Rose de Léa Pool en 2011. Mais si ces symboles prennent beaucoup de place aujourd’hui, ils ne sont pas pour autant un phénomène nouveau.
Le Québec et le carré rouge
Contrairement à ce que plusieurs peuvent penser, le carré rouge n’a pas soudainement fait son apparition au Québec en février 2012. Le choix du symbole et de sa couleur est plutôt lié à des événements d’octobre 2004 alors que le Collectif pour un Québec sans pauvreté avait décidé de porter le carré rouge pour manifester son désaccord au projet de loi 57. Le projet de loi avait été présenté par Claude Béchard, alors Ministre de l’Emploi, de la Solidarité sociale et de la Famille au Parti Libéral du Québec et visait à réformer le programme d’assistance sociale.
Les membres du Collectif pour un Québec sans pauvreté ont alors signifié que les amendements proposés allaient mettre les Québécois encore plus dans le « rouge ». Pour imager leur idéologie et aussi dire « STOP » à la réforme, ils ont commencé à se présenter à des manifestations et des assemblés politiques en portant un carré de ruban gommé rouge (duct tape) sur leurs vêtements. Ont invitait alors les gens qui étaient en désaccord avec le projet de loi à venir manifester avec eux dans la rue en portant le même symbole. Le principe est donc resté identique même si le support est maintenant le tissu au lieu du ruban adhésif.
Les associations étudiantes qui ont choisi ce symbole sont bien au fait de ce petit historique. C’est la raison pour laquelle elles ont décidé d’utiliser cette forme et cette couleur puisque le résultat du projet de loi 57 et de la hausse des frais de scolarité représente pour eux la même chose : l’appauvrissement des classes les moins bien nanties.
Le ruban rose, un parmi tant d’autre
Le film de Léa Pool, L’industrie du Ruban Rose nous montre que le symbole n’est pas seulement un moyen de supporter une cause en s’affichant mais aussi une industrie qui s’en sert un peu n’importe comment. Mais le ruban rose, probablement le plus reconnu mondialement, trouve ses origines dans un phénomène qui date de plusieurs années.
Signifiant notre support à la recherche sur le cancer du sein, le ruban rose se porte maintenant en petit bout de tissu discret sur les vêtements. La première utilisation d’un ruban coloré remonte pourtant à 1979 alors qu’une américaine, Penney Laingen, attachait des rubans jaunes autours des arbres de son quartier pour sensibiliser les gens à la situation de son mari qui était en otage en Iran.
L’idée est venue à la femme alors qu’elle a entendu une chanson datant de 1917 et que les militaires américains chantaient une pièce intiutlée Round Her Neck She Wears a Yeller Ribbon (autours de son cou, elle porte un ruban jaune). La chanson a été reprise plusieurs fois en 1940 durant la deuxième guerre mondiale et, finalement, le symbole du ruban en fut le résultat en 1979.
Le ruban est devenu une représentation internationale, voici quelques exemples de ruban et de leur couleur associée selon des causes précises :
- Ruban Rouge : La lutte contre le SIDA
- Ruban Bleu : Contre l’alcool au volant
- Ruban Blanc : Contre la violence faite aux femmes
- Ruban Gris : Lutte contre le diabète
- Ruban Doré : Lutte contre les cancers infantiles
- Ruban Noir : Signifie que la personne est en deuil
Il y a autant de causes associées à des rubans de couleurs qu’il y a de couleurs. Selon le pays, les croyances locales ou encore un problème de santé spécifique, il y a un ruban pour sensibiliser. Les bracelet ont, à un certain moment, été un remplacement aux rubans, mais il demeure que celui-ci, reste et persiste.
La combinaison forme et couleur (carré rouge, ruban rose) permet de pouvoir associer un très grand nombre de messages à des symboles qui deviennent ensuite reconnus par les gens que l’on croise. Un peu comme l’empreinte digitale d’une idéologie ou d’une cause, ceux-ci identifient clairement la personne qui le porte et qui s’affirme ouvertement.


